Maladie de Gaucher dans la wilaya de Laghouat : Étude de la prévalence, du profil clinique biologique et de l'évolution Sous traitement enzymatique substitutif
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université ammar telidji laghouat
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La présente étude, conduite sur une période de 53 mois au sein du service de médecine interne de l’Hôpital
Mixte de Laghouat, a permis d’estimer une prévalence hospitalière de la maladie de Gaucher (MG) à 0,20 % et
une prévalence populationnelle dans la wilaya de Laghouat à environ 0,0016 %. Ces chiffres, bien que faibles,
restent cohérents avec les données épidémiologiques nationales et internationales, et s’inscrivent dans la
prévalence théorique attendue pour l’Algérie, confirmant la rareté de cette pathologie au sein de la
population générale.
Les résultats de cette série posent ainsi les premières bases d’une réflexion épidémiologique régionale sur les
maladies lysosomales rares, dans un contexte où le sous-diagnostic demeure préoccupant, tant dans les pays
développés que dans ceux en développement.
Sur le plan clinique, les atteintes hépato-spléniques et osseuses étaient les manifestations les plus fréquentes,
en accord avec le phénotype de type 1, majoritaire dans les formes cliniquement exprimées. Aucune atteinte
neurologique n’a été rapportée dans notre série.
Le retard diagnostique moyen de 8,1 ans met en lumière l’importance d’un dépistage plus précoce, en
particulier dans les contextes de consanguinité ou d’antécédents familiaux, comme ce fut le cas pour la
majorité des patients étudiés. Ce constat plaide pour la mise en place de programmes de dépistage familial
ciblé dans les régions à risque.
Et sur le plan biologique, les cytopénies étaient la manifestation la plus fréquente. Le diagnostic de maladie de
Gaucherune fois suspectée était facile : dosage enzymatique fiable de la bêta-glucocérébrosidaseassociés à
une étude génétique : séquençage du gène GBA.
La mise en route de l’enzymothérapie substitutive par imiglucérase a permis une amélioration nette et rapide
du vécu des patients, tant sur le plan clinique que sur la qualité de vie. Cette amélioration a été maintenue
après le switch vers la vélaglucérase alfa, confirmant la pertinence, l’efficacité et la tolérance de cette
molécule dans le contexte algérien.
Cependant, certains défis demeurent :
un retard diagnostique chronique persistant ;
une réticence au dépistage systématique dans certaines familles malgré des cas avérés ;
une observance insuffisante au suivi chez les patients pauci- ou asymptomatiques ;
et des répercussions importantes sur la croissance chez les sujets les plus jeunes.
Pour améliorer durablement la prise en charge de la maladie de Gaucher en Algérie, il est crucial de :
1. Renforcer le diagnostic précoce, par la création de centres régionaux de biologie enzymatique et de
génétique, et par la généralisation du dépistage familial ciblé, en particulier dans les contextes de
consanguinité ou d’antécédents connus.
2. Améliorer la formation et la sensibilisation, en mettant en oeuvre des actions d’éducation médicale
continue pour les professionnels de santé, ainsi que des campagnes d’information auprès du grand
public et des familles, notamment dans les zones à risque.
3. Éduquer et sensibiliser les familles concernées, à l’importance du dépistage systématique intrafamilial,
incluant les nouveaux-nés, les frères et soeurs, ou tout membre de la fratrie présentant le moindre
symptôme évocateur, afin de favoriser un diagnostic précoce et une prise en charge rapide.
4. Structurer la prise en charge nationale, par l’instauration de protocoles homogènes, la mise en place
de réseaux de soins pluridisciplinaires, et l’intégration de la maladie de Gaucher dans les priorités des
programmes de santé publique.
5. Garantir un accès équitable au traitement, en assurant une disponibilité continue et pérenne de
l’enzymothérapie substitutive, indispensable pour améliorer le pronostic et la qualité de vie des
patients.
6. Déployer un suivi médical durable, grâce à l’éducation thérapeutique des patients et à la mise en
oeuvre d’un calendrier de suivi structuré, adapté à l’évolution naturelle de la maladie.
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7. Mettre en place un registre national, pour assurer le recensement précis des cas, faciliter le suivi
épidémiologique, et soutenir la planification sanitaire et la recherche clinique appliquée.
8. Encourager la recherche clinique et épidémiologique, en soutenant le développement de projets
multicentriques régionaux, en partenariat avec les instances nationales et les sociétés savantes, afin de
mieux caractériser la maladie dans la population algérienne et d’adapter les politiques de santé.
Seule la mise en oeuvre d’une stratégie nationale coordonnée, multidisciplinaire et durable permettra
d’améliorer significativement le diagnostic, la prise en charge et la qualité de vie des patients atteints de la
maladie de Gaucher en Algérie.
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